Toamasina : Risque de conflit entre les usagers et les acteurs du Grand port

Il devient très pénible pour les usagers de faire des opérations au niveau du Port de Toamasina, selon le groupement des transitaires.

La hausse du niveau général des prix risque d’empirer. Le groupement des transitaires tire la sonnette d’alarme contre les manœuvres qu’ils qualifient « d’extorsion » pour que les usagers du Grand port paient un maximum.

Un conflit est sur le point d’éclater entre les usagers et les acteurs œuvrant au port de Toamasina. Le groupement des transitaires a cité les compagnies maritimes, la douane et le MICTSL. « Ils usent et abusent de leur pouvoir pour faire en sorte que les usagers paient le maximum possible. Si l’administration portuaire et les ministères concernés ne trouvent aucun compromis dans les plus brefs délais, c’est l’économie nationale qui sera prise en otage », a déclaré le groupement. D’après ses représentants, certains opérateurs privés, notamment les manutentionnaires, compagnies maritimes, sociétés de logistiques et de transport, prestataires œuvrant dans le port ne lésinent pas sur les moyens pour « extorquer ». Plusieurs compagnies maritimes pratiquent des décisions unilatérales et arbitraires à l’encontre des opérateurs, touchant le métier de la logistique portuaire et douanière.

Excès de zèle pour des arriérés. Un des problèmes majeurs est celui du remboursement des cautions, contre la restitution des conteneurs vides. En principe, un tel remboursement devrait se faire immédiatement à la réception de l’équipement. Selon les transitaires, la pratique est différente. « Les compagnies exigent l’accomplissement de formalités exubérantes et inutiles dans le seul but de garder le plus longtemps possible les cautions encaissées qui ne seront remboursables qu’après 60 jours, ce qui génère des intérêts faramineux à leur profit », ont-ils dénoncé.

Combines ? Selon notre source, certaines compagnies osent se prévaloir de ne traiter les dossiers de remboursement que les mercredis et les vendredis, alors qu’elles encaissent tous les jours. À l’importation, des milliards de fonds sont bloqués, alors que les opérateurs peinent à joindre les deux bouts et à jongler entre les frets maritimes qui explosent, les valeurs en douane qui ne cessent d’être redressées, les frais de transport locaux qui flambent à cause de l’état de délabrement de la RN2, et enfin les consommateurs finaux qui font des crédits à tout-va par manque de liquidité.

Le temps vaut de l’or. Des procédures exagérées pénalisent fortement les opérateurs. Outre le délai de franchise réduit à 10 jours au lieu de 14 jours, les transitaires évoquent l’ouverture des terre-pleins où il n’y a aucune permanence entre 12h et 14h, encore moins après 18h et durant tout le week-end, sauf le MICTSL qui essaye d’assurer ce service tant bien que mal 24h/7j. Les frais d’immobilisation, appelés communément « surestaries » ne sont pas négligeables car ils sont, en moyenne à 40 euros/jour par équipement. « En un week-end, le calcul est très cher payé du fait de la défaillance des services aux usagers », nous ont confié les transitaires. À part les surestaries qui courent, les opérateurs doivent également payer les camions immobilisés durant le temps d’attente inutile. « Les compagnies maritimes prennent des jours pour établir les factures, alors que dans notre secteur d’activité, le temps c’est de l’argent », ont-ils martelé. D’après leur groupement, la liste n’est pas exhaustive. Les refus des règlements à leurs guichets deviennent plus que contraignants. La lenteur des dépôts de manifeste et l’obtention du Bon à délivrer sont fortement pénalisantes. Et la goutte d’eau qui fait déborder le vase, le manque d’informations entre les dates annoncées et les reports de navires incessants, lesquels génèrent des faux frais exorbitants au détriment de ladite filière exportation, sans parler des procédures imposées, comme celle d’utiliser les moyens propres des compagnies sous peine de se voir refuser une réservation ou payer plus. Pour les transitaires, c’est du chantage et de la concurrence déloyale envers d’autres entités.

Appel à l’Etat. Par ailleurs, les transitaires se plaignent des lignes maritimes, des changements incessants de réglementations au niveau de la Douane, de l’embouteillage au niveau de MICTSL, des prestations de Gasynet qui sont chers et insatisfaisants, et enfin du service de désinfection dont personne ne comprend ni l’utilité, ni l’efficacité, mais qui est toujours payant. De ce fait, ils sollicitent des contrôles et suivis rigoureux, pour identifier d’où vient exactement l’inflation qui pèse sur l’économie malgache. La situation est critique, selon le groupement et un juste équilibre doit être trouvé urgemment pour que la situation ne s’envenime pas. « Nous faisons appel aux autorités administratives concernées. On espère qu’elles ne resteront pas impassibles et sauront dénouer les problèmes dans les plus brefs délais, face à la situation dans le Grand port du pays », a déclaré le groupement.

Antsa R.

Suivez-nous aussi sur Facebook

Partager cette publication

Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. Mbola misy Mpitondra ihany ve eto e?

Poster un commentaire