Gouvernement : Grand oral face aux députés aujourd’hui

La lutte contre la nouvelle vague de la pandémie intéresse peu les élus.

Les sujets plus globaux comme la relance économique ou la lutte contre la pandémie de Covid-19 ; les débats sectoriels relatifs à la hausse du coût de la vie ; le problème d’accès à l’eau potable dans plusieurs quartiers et les coupures d’électricité ; le remboursement du 1,7 million USD de la Banque mondiale ; l’état catastrophique de certaines routes nationales et les tarifs des transports, la rencontre prévue aujourd’hui entre l’Exécutif et les parlementaires, au Centre de conférences international à Ivato pourrait sortir du cercle des habituels discours flatteurs ou des attaques systématiques. La nécessité d’un débat de fond sur plusieurs sujets du moment, qui ne manqueront pas à l’occasion de ce rendez-vous pour un face-à-face avec le gouvernement, pourrait alors servir à Tsimbazaza pour redresser l’image d’un parlement fantoche, vers une institution crédible et utile à la reconstruction d’un pays ravagé par la pauvreté et la pandémie, et qui devra faire face au projet d’émergence du régime.

Dérisoire. La hausse des prix de beaucoup de produits de première nécessité et d’autres matériaux de construction, ainsi que la chute du cours local de la vanille, sont les questions qui intéressent autant les élus. Le gouvernement a déjà entrepris des actions qui visent à redresser progressivement la barre sur ces sujets, mais les députés ne manqueront pas d’interpeller les ministres sur ces réalités qui suscitent la grogne au niveau local. Récemment, le député Mapar à Ikongo, et non moins vice-président de l’Assemblée nationale, Jean Brunel Razafintsiandraofa, a soulevé le prix dérisoire du kilo de litchi dans sa circonscription à cause du mauvais état des routes. Il a ainsi appelé à ce que l’Exécutif se penche sur ce problème commun aux autres circonscriptions aux fortes potentialités économiques. L’insécurité, en revanche, est un sujet qui anime toujours l’hémicycle, à chaque rencontre avec le gouvernement. Elle reste au cœur des discussions qui ne laissent pas insensibles les députés de la majorité. Cette fois-ci, l’Exécutif peut affronter les députés à ce sujet après les efforts déployés ces derniers mois en faveur de la sécurisation de plusieurs localités classées rouges.

Détournement. Le parti Tiako i Madagasikara attend aussi au tournant le gouvernement. Cette séance de face-à-face avec le gouvernement se présente, en effet, comme une occasion pour les députés de ce parti de croiser le chemin de Christian Ntsay car les sujets qu’ils auront à exposer ne manqueront pas dans leur liste d’attente. Notamment sur le récent dossier relatif au financement du projet Pagose. Dans le cadre de ce projet mis en œuvre par la Jirama, la Banque mondiale, bailleur dudit projet, demande à l’Etat malgache de rembourser à cette institution internationale une somme conséquente de plus de 1,7 million USD. La fuite de cette affaire sur les réseaux sociaux a interpellé la classe politique. Et l’opposition ne manquera pas l’occasion d’en faire des gorges chaudes. Les députés du parti Tiako i Madagasikara s’indignent. « Cette situation est inacceptable. Elle porte atteinte à la bonne gestion des deniers publics. C’est un cas flagrant de détournement », ont affirmé les députés de l’opposition dans une lettre adressée au premier ministre en date du 30 novembre dernier. Face au gouvernement, dès aujourd’hui, ces derniers vont certainement rebondir sur ce dossier. D’ailleurs, dans cette lettre, ces élus du parti TIM demandent, en effet, au premier ministre de saisir les juridictions compétentes, dont la « Chaîne pénale anti-corruption » selon ces derniers, pour que les « poursuites et inculpations aient lieu rapidement ». Les élus TIM sont convaincus que « l’audit a révélé une mauvaise gestion des fonds, dont des vols ou détournements de fonds pour financer les activités non conformes à leur destination ».

Rija R.

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