Communautés Royales et Traditionnelles de Madagascar : Vers la prise en charge de la santé reproductive des jeunes

« Les us et coutumes qui nuisent au développement des jeunes devraient être enfin abolies pour pouvoir avancer», dixit Agathe Lawson, représentante résidente de l’UNFPA à Madagascar.
« Les us et coutumes qui nuisent au développement des jeunes devraient être enfin abolies pour pouvoir avancer», dixit Agathe Lawson, représentante résidente de l’UNFPA à Madagascar.

Tous les membres des CRTM ont répondu « présent » au symposium des leaders traditionnels et chefs coutumiers de Madagascar qui a pour but de réduire le taux de mortalité maternelle et de lutte contre les rapports sexuels et les grosses précoces.    

Comme prévu, le Symposium national des chefs coutumiers et des leaders traditionnels de Madagascar, initié par l’UNFPA, a commencé hier, dont le but est de préserver la santé sexuelle des adolescents. Une occasion pour la présidente de la Fédération des Communautés Royales et Traditionnelles de Madagascar (FCRTM), Ekalovelo Toendreniny d’affirmer que les leaders traditionnels vont prendre en considération de telles initiatives. «Le seul fait que tous ces chefs coutumiers et leaders traditionnels du pays ont répondu présent à cet événement signifie déjà qu’il y a de l’espoir pour que les actes qui vont à l’encontre du développement des jeunes doivent être abolis », confie-t-elle. En effet, c’est vrai que certaines coutumes malgaches nuisent réellement au développement des jeunes car selon les explications, une mineure sur dix a déjà eu des rapports sexuels à Madagascar, généralement à cause des traditions. Et notre pays figure toujours parmi les 10 pays où l’on rencontre le plus de mortalité maternelle.

Cependant, elle a tenu à souligner que ce sont seulement certains us et coutumes malgaches qui ont permis l’existence de ces mauvaises pratiques envers les femmes, qui vont être rectifiés, mais il n’est pas question de faire un changement radical. A cet effet, une consultation mutuelle entre ces leaders coutumiers va avoir lieu très prochainement pour débattre sur le sujet, selon les explications. Cependant, cette dernière a insisté sur le fait que les décisions qui vont être prises à l’occasion de ce symposium devraient être réellement appliquées. «Si ces chefs coutumiers ont accepté de se réunir ici, c’est qu’ils espèrent qu’il y aura quelque chose de concret et d’applicable sur ce sujet, afin que nous puissions réellement veiller au développement des jeunes. Mais nous ne devons pas seulement perdre notre temps pour quelque chose sans issue et sans résultats », martèle-t-elle. A noter que ce symposium riche en informations sur la vie reproductive des jeunes va durer trois jours afin de faciliter la conscientisation des leaders traditionnels et chefs coutumiers pour un changement de comportement.

Optimiste. Pour sa part, Agathe Lawson, Représentante Résidente de l’UNFPA à Madagascar (initiateur de l’événement) n’a pas non plus manqué d’affirmer son optimisme sur le fait que de meilleurs résultats vont être obtenus après ce congrès national. « En tant que leaders, ils sont toujours écoutés et respectés chez eux. Donc, l’UNFPA est conscient du fait que l’administration ne peut pas assurer seule le développement des jeunes sans leurs aides. S’ils s’obstinent à conserver les mauvaises pratiques qui détruisent les jeunes, rien ne pourra s’améliorer. Donc, je pense que leur présence ici prouve leur volonté à veiller au développement des jeunes », dit-elle. Une stèle marquant la réalisation du symposium a été inaugurée hier, devant l’Hôtel de Ville de Mahajanga. La cérémonie d’ouverture a vu la présence de Johasy Raharisoa Eléonore, ministre de la Protection sociale et de la Femme, des autorités locales de la région Boeny, et d’autres participants. Le premier jour a donné l’occasion à des expositions et une conférence-débat sur la place de la femme dans la société, et ses droits.

Arnaud R.

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