Baccalauréat : Les premières corrections des copies un niveau assez faible

Les résultats du bac s’annoncent mal ! (Photo d’archives)
Les résultats du bac s’annoncent mal ! (Photo d’archives)

Les premières impressions des correcteurs quant aux copies des candidats au bac ne sont pas très bonnes. Pour l’heure, le niveau est assez faible. Pas très rassurant !

La correction des copies des candidats au baccalauréat de cette année a débuté mardi dernier. Les impressions sont encore très perplexes de la part des correcteurs, qui sont plutôt pessimistes vu le niveau global des candidats jusqu’ici. Un professeur d’anglais qui a, jusqu’ici, corrigé 200 copies, explique que le niveau est faible. Sur ces 200 élèves, très peu ont eu la moyenne, alors que cet enseignant estime que le sujet est plutôt facile. Il en est de même pour la philosophie, alors qu’un correcteur a avancé que les candidats ne sont tout simplement pas au niveau et que c’est la compréhension même de ce qu’ils doivent traiter qui n’est pas à la hauteur. Pour cet autre correcteur, un professeur d’histo-géo, la barrière de la langue peut expliquer ce faible niveau. Beaucoup ne parlent pas bien le français, et ont préféré traiter les sujets en malgache. Ces pédagogues ressentent à travers ces copies le reflet des cours « faradoboka », dispensés par des enseignants qui donnent des réponses toutes faites et des sujets types que les candidats reprennent au mot, sans aucune réflexion. Une mauvaise pratique qui contribue à affaiblir le niveau. D’ailleurs, les correcteurs estiment que le niveau baisse d’année en année.

Malaise. Les premières copies ne sont guère concluantes pour les quelques 1 500 correcteurs répartis dans toute l’île, chargés de finir au plus vite de corriger et de donner des notes aux copies, sachant que la date prévue pour la publication des résultats est fixée pour le 19 septembre. Ces copies analysées au cas par cas reflètent et révèlent un malaise social, puisque ces élèves semblent subir les conséquences de l’effritement du pouvoir d’achat et du peu de volonté de l’Etat à investir réellement pour l’éducation. Beaucoup d’élèves sont obligés d’aider leurs parents et leurs familles, dans leur travail. De plus, les bases mêmes de ces élèves laissent à désirer. La qualité de l’enseignement nécessite un renouveau. Par ailleurs, les parents ne devraient pas encourager leurs enfants à passer le bac en classe de 1re puisqu’ils n’ont pas assez de bagages et de connaissances pour répondre aux questions.

Anjara Rasoanaivo

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2 Commentaires - Ecrire un commentaire

  1. Comme pour le reste (les routes, la sécurité, l’état sanitaire, l’électricité, l’accès à l’eau potable), l’enseignement est fortement dégradé et le niveau des élèves en baisse constante. Comment s’étonner de cela ? Mal payés et mal formés, les enseignants ne sont plus à la hauteur (pas plus en maths qu’en langues étrangères, sans parler d’une Histoire fortement imprégnée du bourrage de crâne des années 70-80). Les classes « encombrées » de plus de 40 ou 50 élèves, à elles seules, suffisent à expliquer l’échec. Les élèves, eux, en pleine croissance, ne mangent pas à leur faim, sont mal soignés, mal vêtus, peu encadrés vers des activités périscolaires (sports et culture générale) indispensables à leur développement physique et intellectuel. Nombre d’entre eux doivent en outre travailler pour aider leurs parents (quand ils en ont, car il y a beaucoup de mamans et assez peu de papas…) et, le soir, dans le noir ou à la lueur d’une lampe à huile, comment travailler à la maison ?
    Plus largement, il faut insister sur un point : cette jeunesse (surtout les jeunes filles très avides de connaissances et bonnes élèves) est belle, ambitieuse, pleine de rêves et bien plus intelligente qu’on ne le dit. C’est la richesse de Madagascar. Face à elle, des professeurs fatigués qui n’ont jamais appris ou osé penser par eux-mêmes. Comment attendre de tels pédagogues qu’ils innovent et donnent envie à leurs élèves de réfléchir plutôt que d’apprendre par coeur ? C’est tout un peuple qui doit redevenir libre (dans sa tête). C’est ce que j’appelle la liberté de l’esprit. Sans quoi, pas de réussite, pas d’avenir, pas de démocratie etc, etc…

  2. · Edit

    Quand les administrateurs de l’éducation, les enseignants, les parents, et la société en général prendront-ils conscience que c’est cet examen du bacc qui MANQUE DE VALIDITE et qu’il faut le réformer? Changez ce document officiel qui s’appelle ANALYSE DES EPREUVES auquel on se réfère pour l’organisation pédagogique et administratif de l’examen, car il favorise la routine dans les enseignements et les apprentissages (cf les « faradoboka » et les sujets-types dont il est question dans l’article). Malgré quelques tentatives de retouche, l’analyse des épreuves est vieille de plusieurs décennies, (elle est en fait presque la même depuis l’indépendance) et ne convient plus aux besoins nationaux. Le niveau général des élèves a baissé car c’est la routine et l’apprentissage par coeur qui se sont installés. On s’essaie au bacc dès la classe de première car le bacc ne vaut plus rien. IDEM pour l’effectif élevé des candidats en Série A2. Ces mauvais résultats qui s’annoncent sont un glas qui sonne !!! Il faut l’écouter !

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