Epidémie de polio à Madagascar : Urgence absolue de vacciner tous les enfants de 0 à 15 ans

POLIOAu cours des 12 derniers mois, 10 cas de virus dérivé du poliovirus (VDPV) de type 1 ont été notifiés dans 6 régions de Madagascar, faisant du pays le dernier à être encore affecté par la circulation de ce virus. La vaccination de tous les enfants, sans exception, reste l’unique moyen de l’éradiquer, d’où l’appel à la mobilisation générale pour la réalisation des campagnes de vaccination, dont la prochaine en vue se tiendra du 14 au 18 septembre 2015.

La poliomyélite refait surface à Madagascar, après 9 années d’absence. Ce qui fait de la Grande Ile l’unique pays d’Afrique où VDPV de type 1 continue toujours de circuler et atteindre les enfants. Avec la dizaine de cas identifiés ces 12 derniers mois, on peut déjà parler d’épidémie. « Un seul cas équivaut déjà à une épidémie dans la mesure où il sous-entend l’existence d’environ 200 personnes porteuses du virus sans le savoir », souligne la représentante résidente de l’OMS, Charlotte Faty Ndiaye. Ces centaines de personnes représentent pourtant un risque pour tout enfant non ou pas suffisamment immunisé qu’elles côtoient. Ainsi, chaque cas doit faire l’objet d’une campagne de masse, autrement la circulation du virus continuera à accentuer la menace. D’où la nécessité des campagnes de vaccination de masse à laquelle le ministère de la Santé publique et ses partenaires, notamment l’OMS, l’UNICEF, l’USAID et le Rotary International, lancent un appel à la mobilisation générale et l’appui du plus grand nombre d’acteurs, des dirigeants politiques au secteur privé en passant par les leaders traditionnels et religieux ainsi que les médias. Un atelier de plaidoyer auprès des patrons de presse et des journalistes, a eu lieu dans ce cadre, hier.

Couverture vaccinale. Ces trois dernières années, le taux de couverture vaccinale contre la polio à Madagascar a stagné autour de 88 % et cette année, les dernières données disponibles indiquent un taux de 57 %. Or, c’est précisément la faible couverture vaccinale qui est à l’origine de la persistance de la maladie. S’y ajoute un système d’hygiène défaillant, favorisant la dissémination du virus. L’existence de poches d’enfants non atteints par la vaccination, compromet ainsi sérieusement le résultat global de la vaccination dans le pays et un seul enfant non vacciné représente une menace pour tous les autres. Ceci justifie la nécessité absolue de couvrir la totalité des enfants à Madagascar durant les prochaines campagnes de vaccination, dont la plus proche en vue sera pour la semaine du 14 au 18 septembre 2015, suivie d’une autre, en octobre. Durant ces campagnes, la tranche d’âge des enfants à vacciner ne se limite plus aux moins de 5 ans, mais s’étend jusqu’aux adolescents âgés de 15 ans. L’objectif étant de vacciner tous les enfants et ce, à chaque tournée.

Enfants des rues. Outre les enfants scolarisés, plus faciles à atteindre à travers le système scolaire et la stratégie du porte-à-porte, les enfants des rues présentent une particularité dans la mesure où ces enfants, plus vulnérables, figurent parmi ceux qui ne sont pas atteints lors des précédentes campagnes de vaccination. Cette fois, ils feront l’objet d’une attention particulière dans le plan établi pour les prochaines campagnes. Les agents vaccinateurs, d’un nombre équivalent au nombre de fokontany existant à Madagascar, sillonneront tous ces fokontany, incluant les rues, les marchés et tout autre lieu susceptible d’atteindre les enfants concernés. Par ailleurs, des associations habituées à approcher les enfants des rues, travaillent en collaboration avec les autorités sanitaires afin de parvenir à les atteindre. L’objectif ultime étant l’immunité collective, seule garantie de l’éradication de cette maladie invalidante et incurable, mais cependant, évitable par la vaccination. Car outre la menace d’ordre sanitaire sur les enfants Malgaches et ses conséquences économiques pour le pays et surtout pour les ménages si un enfant venait à devenir paralysé de la polio, la réapparition de cette maladie à Madagascar représente, par ailleurs, un risque dans d’autres domaines. En effet, Madagascar, en étant le seul pays d’Afrique où le VDPV de type 1 circule encore, retarde la certification de l’Afrique pour l’éradication de la polio. Les yeux de la communauté internationale sont ainsi rivés sur la Grande Ile, vue comme un pays pouvant hypothéquer l’initiative d’éradication de la poliomyélite dans le monde et représentant un risque d’exportation du VDPV dans les autres pays. D’où cette préoccupation autour de la situation locale, à corriger dans les plus brefs délais et qui vise la protection collective.

Hanitra R.

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Un Commentaire - Ecrire un commentaire

  1. Tout à fait d’accord. Il s’agit d’une urgence absolue comme toutes les autres opérations de prévention sanitaire menées en direction des plus jeunes. Voilà un vrai sujet de société, loin des relents politicards qui sentent un peu fort…

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