District de Tsihombe : 80% des ménages en situation d’insécurité alimentaire sévère

La sécheresse aggravée par le phénomène El Nino ont rendu toute activité agricole quasiment impossible dans de nombreux districts du Sud.
La sécheresse aggravée par le phénomène El Nino ont rendu toute activité agricole quasiment impossible dans de nombreux districts du Sud.

La situation continue de se dégrader dans les zones les plus touchées par l’insécurité alimentaire dans le sud où elle va sans doute être classifiée de « urgence » avant la fin de l’année dans 4 districts sur les 9 que compte cette partie de l’île.

 Les enfants et les nourrissons sont les premiers à souffrir de la situation d’insécurité alimentaire qui continue de prévaloir dans la partie sud de Madagascar. « J’ai rencontré des femmes qui me disaient qu’elles n’avaient rien à donner à manger à leurs bébés exceptés le fruit du cactus rouge poussant au bord de la route», a déclaré Ertharin Cousin, directrice exécutive du Programme Alimentaire Mondial (PAM) après une visite dans le district de Tsihombe, dans le cadre de sa mission officielle à Madagascar. Dans ce district, presque tous les ménages sont en situation d’insécurité alimentaire dont 80 %, sévèrement touchés.

En effet, la situation s’aggrave dans cette partie de la grande île. Les résultats préliminaires d’une évaluation de la sécurité alimentaire conduite par plusieurs organisations indiquent que quatre des neuf districts dans le sud vont probablement entrer dans la classification « urgence » avant la fin de l’année. Trois autres districts pourraient y être ajoutés en l’absence de mesures pour y remédier.

78 millions de dollars. Cette situation résulte des trois années de sécheresse qui ont ruiné les récoltes dans cette partie de l’île, sévèrement touchée cette année par El Niño qui a entrainé des baisses de la pluviométrie dans le sud de l’Afrique. « Afin d’échapper à cette misère, un ménage sur trois dans le sud de Madagascar a déjà été contraint de recourir à des mesures désespérées telles que la mendicité, la vente de leur terrain ou maison ou la migration », explique le PAM. Quatre ménages sur dix ont déjà consommé leurs stocks de semences, ce qui ne leur laisse rien pour la saison des semis de novembre et décembre. A partir de ce mois d’octobre, en appui à la prochaine campagne agricole, le PAM distribuera des vivres aux personnes vulnérables, tandis que la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) fournira des outils et des semences résistantes à la sécheresse.

Le PAM est à la recherche de financements pour pouvoir maintenir ses activités et répondre aux besoins urgents des populations en insécurité alimentaire dans le sud. « Avec un financement adéquat et en soutien à la réponse humanitaire du gouvernement de Madagascar, le PAM intensifiera ses opérations à partir de novembre afin d’atteindre jusqu’à un million de personnes à travers une assistance alimentaire en nature et en espèces », explique le PAM. Les besoins financiers du PAM sont de 92 millions de dollars pour la réponse humanitaire dans le sud de Madagascar jusqu’au mois de mars 2017, il lui manque actuellement 78,5 millions.

Hanitra R.

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