Insécurité alimentaire dans le Sud : Les agences onusiennes à la rescousse

Face à la situation d’insécurité alimentaire dans le Sud de Madagascar, les agences onusiennes manifestent leur inquiétude, et annoncent une intensification de leurs actions dans cette partie de la Grande île.

Le PAM (Programme alimentaire mondial), l’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’enfance) et la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation) interviennent ainsi conjointement sur le terrain afin d’éviter une catastrophe liée à la crise alimentaire. « Le coût de l’inaction ou encore le retard de notre réponse est trop effrayant à contempler », a déclaré David Phiri, coordonnateur sous régional de la FAO pour l’Afrique australe. « Ce que j’ai vu dans le sud de Madagascar en début de ce mois-ci m’a alarmé. Ce sont des gens qui vivent au bord du désastre. Beaucoup n’ont rien d’autre à manger que des fruits sauvages. Nous devons agir ensemble maintenant pour sauver des vies et donner de l’espoir pour l’avenir », souligne, pour sa part, Chris Nikoi, directeur régional du PAM pour la région du sud de l’Afrique.

Privations. Les enfants sont les plus vulnérables face à cette situation. Ils sont souvent retirés de l’école pour chercher de l’argent et de la nourriture ou pour assurer les corvées d’eau ou de bois. Bref, des conditions difficiles pour les enfants dans une partie du pays où ils souffrent déjà de multiples privations. Dans la mesure où près de la moitié des enfants à Madagascar souffrent de malnutrition chronique ou retard de croissance, ceux du Sud, touchés par l’insécurité alimentaire le sont davantage. « Les risques de retard de croissance condamnent les enfants à vie avec une  mauvaise santé et une pauvreté accrue. Dans le sud, les enfants souffrent également de la malnutrition aiguë… », explique à son tour Leila Gharagozloo-Pakkala, directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique orientale et australe.

Interventions. Ainsi, le PAM renforcera son assistance alimentaire par le biais de l’élargissement de son programme transferts monétaires déjà existant pour atteindre jusqu’à 1 million de personnes. L’UNICEF, pour sa part, intensifiera ses opérations d’alimentation en eau et d’assainissement, les suivis nutritionnels des enfants de moins de 5 ans, le traitement des cas de malnutrition aiguë sévère, ainsi que diverses autres interventions en matière de santé et d’éducation. Quant à la FAO, l’organisation propose une assistance combinant la fourniture de semences à maturation rapide et résistantes à la sécheresse et de tubercules. Des outils seront également remis aux agriculteurs, pour remplacer ceux vendus pour faire face au manque de nourriture.

Stock de semences. Les populations des districts les plus touchés par l’insécurité alimentaire ont, en effet, dû vendre leurs biens et leurs terres,  ou encore consommer leurs stocks de semences qui auraient dû servir pour la prochaine campagne agricole. Le coordonateur sous-régional de la FAO souligne : « Les stocks de nourriture provenant de la mauvaise récolte précédente ont été  épuisés en août, et la prochaine récolte ne sera qu’en mars 2017. Si nous n’intensifions pas nos efforts maintenant, cette longue période d’insécurité alimentaire sera prolongée encore d’une année. Ce serait une catastrophe pour un peuple qui semble déjà n’avoir pratiquement plus de nourriture, ni de graines et visiblement, aucun revenu ». La situation dans le Sud résulte, en effet, de trois années consécutives de sécheresse ayant conduit à de mauvaises récoltes durant ces trois dernières années.

IPC. Les résultats de la récente évaluation de la sécurité alimentaire menée dans cette partie du pays sont sans équivoque. En effet, selon le cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) dans le Sud de Madagascar, environ 840 000 personnes, soit plus de la moitié de la population dans cette région se trouvent dans une situation d’insécurité alimentaire alarmante. Les actions de réponse humanitaire en cours tentent de traiter l’insécurité alimentaire la plus aiguë et la forme la plus grave de la malnutrition.

La situation dans le Sud pousse des centaines de milliers de personnes au bord de la catastrophe, constatent alors les agences onusiennes. Les résultats de l’analyse IPC d’Octobre 2016 indiquent que la sécurité alimentaire et la situation nutritionnelle pourraient se détériorer  davantage en début 2017, sauf si aide humanitaire arrive dans les plus brefs délais.

Recueillis par Hanitra R.

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