Vaccination contre la rougeole : Beaucoup moins de refus dans le district de Mahajanga II

Les enfants de Boanamary, vaccinés sans pleurs, exhibent leurs cartes de vaccination !

Boanamary, district de Mahajanga II. Depuis le début de la semaine, le CSB II (centre de santé de base de niveau II) de cette localité organise, comme dans 67 autres districts sanitaires de Madagascar, des séances de vaccination contre la rougeole dans le cadre de la troisième phase de la campagne de vaccination menée par le ministère de la Santé publique et ses partenaires. A Boanamary, les enfants âgée de 6 mois à 9 ans, ciblés dans le cadre de cette campagne, sont nombreux à s’être rendus au CSB II, hier matin, avec ou sans leurs mères. Aucun, ou presque, ne semble craindre l’aiguille ni la piqûre. Ils ont été préalablement « préparés ». Des agents communautaires leur ont expliqué, ainsi qu’aux parents, ce qui allait se passer. Les pères, quasiment invisibles, se manifestent lorsqu’ils sont contre la vaccination de leurs enfants. Le Dr Ramarosahanina Mina Mamiharitiana, médecin chef du CSBII de Boanamary, entend bien couvrir les 1360 enfants ciblés dans sa circonscription en mettant en avant les techniques et stratégies de mobilisation menées sur le terrain. « Le travail de préparation et de mobilisation est maintenant beaucoup plus facile à effectuer. En général, les gens acceptent de faire vacciner leurs enfants, en dépit de quelques cas de refus, lequel concerne surtout les familles adeptes des pratiques traditionnelles dites ‘mitrambona’ ». « Mitrambona », renvoie aux pratiques qui consistent à fréquenter les guérisseurs et autres « dadarabe » et en respecter scrupuleusement les tabous, dont font partie, entre autres, le fait de ne jamais accepter les piqûres, ni de se couper les cheveux, dans certains cas. Comme le vaccin contre la rougeole s’administre par injection, la piqûre constitue alors un motif de refus. Ces cas sont, toutefois, beaucoup plus rares en comparaison avec les années passées.

Peur de la fièvre ! Le fokontany d’Ambatomalama, à quelques kilomètres de Boanamary, figure parmi les localités comptant un certain nombre de refus du vaccin. Hier, jour de la séance de vaccination des élèves de l’EPP, quelques parents ont préféré ne pas envoyer leurs enfants à l’école, tandis que d’autres ont récupéré les leurs sur le chemin menant vers le site de vaccination. Pour Florine, mère de quatre enfants, il n’est pas question de vacciner sa petite dernière, Saïda âgée de deux ans. Mais le motif de son refus relève davantage du manque d’information que du tabou du « dadarabe ». « Elle est tout le temps fiévreuse après chaque vaccination, contrairement à mes trois autres enfants qui ont, eux aussi, déjà été vaccinés par le passé, mais qui n’avaient jamais de fièvre après. De plus ma fille est toujours malade et à chaque fois, on lui fait une ou plusieurs piqûres. Elle a fini par craindre les docteurs. Je ne veux plus de cela », déclare-t-elle. Face à de tels refus les agents vaccinateurs réfèrent les cas auprès des responsables du CSB, qui adopteront une autre démarche pour venir à bout des dernières… poches de résistance !

Hanitra R.

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