Avortement non-sécurisé : Madagascar parmi les pays où l’on recense le plus de cas

Atelier de concertation entre les acteurs de la santé de la reproduction à Antsirabe. (crédit photo : Anja)

La situation est un peu plus complexe concernant l’avortement non-sécurisé à Madagascar. La raison à cela, une loi qui interdit l’avortement sécurisé pour diverses raisons qui peuvent être d’origine culturelle, sociale ou autre. Cela pousse les femmes à recourir à l’avortement clandestin en cas de grossesse non-désirée.

A Madagascar, l’avortement non-sécurisé représente une grande majorité des avortements, ce qui peut sembler normal puisque l’interruption volontaire de la grossesse reste interdit par la loi. Mais encore, les personnes qui y ont recours le font sous de faux noms, parce que cela reste une pratique interdite.  Or, cela engendre chaque année des pertes importantes en vie humaine, surtout des mères. Les chiffres communiqués officiellement ne sont pas exacts car les données réelles ne sont pas précises sachant qu’il s’agit d’une pratique clandestine. Et pourtant, ce n’est pas faute d’interventions et de plaidoyers puisque des organisations de la société civile n’ont cessé de plaider cette cause sans obtenir l’aval de nos décideurs depuis plusieurs années.

Protocole de Maputo. « Madagascar a signé le protocole de Maputo en 2005 qui permet l’avortement thérapeutique en cas d’agression sexuelle, de viol ou en cas d’atteinte à la vie de la mère ou de l’enfant. Malheureusement, ce protocole n’a pas été ratifié, ce qui rend illégal tout type d’avortement à Madagascar », a expliqué Hosea Rakotoarimanana de AFRYAN Madagascar. « Aussi, actuellement, nous n’avons d’autres recours que d’effectuer des plaidoyers pour essayer d’instaurer la loi sur l’avortement au pays », a-t-il ajouté concernant la stratégie à adopter. Pour lui, la stratégie d’approche qui consiste à approcher en premier les législateurs n’est pas la bonne, il faut d’abord conscientiser la population sur l’importance de l’avortement du point de vue social et économique. C’est ainsi que cette année, tous les acteurs dans le domaine de la santé de la reproduction souhaitent changer la donne. Aussi pour cette raison, ils ont décidé de mettre au point un réseautage en impliquant journalistes, sociétés civiles et décideurs politiques.

Le constat jusqu’à maintenant est que les pays en voie de développement n’acceptent pas l’avortement sécurisé pour multiples raisons : religieuses, culturelles et bien d’autres encore. Or, hors contrôle, l’avortement représente un danger pour la santé de la mère et de l’enfant. La situation est donc à suivre de près dans les mois à venir.

Anja RANDRIAMAHEFA

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