Secteur Wash : L’État n’y alloue que moins de 2% de son PIB

L’accès à l’eau potable est encore un luxe.

L’eau, l’assainissement et l’hygiène souffriraient d’un gap de financement de 147 millions de dollars par an à Madagascar.

A l’instar de nombreux secteurs dans le pays, l’eau, l’assainissement et l’hygiène sont jugés, du moins dans les divers discours officiels, comme étant prioritaires pour le développement, voire pour l’émergence du pays. Et comme ces autres secteurs, le wash est handicapé par un manque cruel de financement. En effet, « les investissements à travers le financement interne équivaut à moins de 2% du PIB et ne représentent que 5% à 9% des besoins annuels du secteur ». Un financement qui grimperait à plus de 15% avec l’appui des bailleurs, des partenaires techniques et financiers et du secteur privé. Le budget attribué au ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène dans la loi des finances rectificative 2020 était par exemple d’environ 65 857 000 Ariary. Un budget jugé par les acteurs comme étant insuffisant face aux défis de l’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement à Madagascar. Conséquence, la situation est alarmante. Les résultats de l’enquête MICS 2018 en donnent le ton : sur les 28 millions de Malgaches, « 16 millions n’ont pas encore accès au service en eau de boisson de base, 25 millions n’ont pas accès au service d’assainissement de base et 21 millions n’ont pas accès au service d’hygiène de base ».

De taille. D’autres problématiques se dressent face à la promotion et le développement du secteur. Les effets du changement climatique sont les plus visibles et les plus ressentis par la population malgache actuellement. Ces phénomènes impactent de façon conséquente sur les ressources en eau du pays dont les manifestations sont la perturbation du régime hydrologique, la baisse des niveaux des nappes phréatiques, le tarissement des eaux de surface comme les fleuves, les rivières et les lacs. La situation d’assèchement continuel du lac Mantasoa est souvent interpellé par les défenseurs de l’environnement comme étant un des impacts néfastes des effets du changement climatique, d’un côté, mais aussi et surtout, des activités anthropiques, de l’autre. Les épisodes de sécheresse, comme dans le Sud du pays, ou encore la destruction des bassins versants, constituent également des défis majeurs du secteur. Face à tous ces défis, le pays s’engage à changer la donne d’ici 2023 et se fixe que d’ici là : 60% de la population auront accès à l’eau potable, 55% auront accès à des latrines basiques et 99% ne défèqueront plus à l’air libre. Des objectifs ambitieux dont la volonté étatique de les réaliser devrait déjà transparaître, ou non, dans le projet de loi des finances initiale 2022.

José Belalahy

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