Omnisports – Odon Marius Randrianaina : « Il est temps pour les sportifs malgaches de trouver un nom et une couleur » !

ODONEn marge de la finale de handball de mardi qui a le mérite de prouver pour les Tuléarois que quand on veut on peut, le vice-président de l’Association des Journalistes Sportifs, Odon Marius Randrianaina, a abordé le cas de nos équipes nationales avec un réalisme déconcertant. Un franc parler qui décoiffe et qui n’est pas sans rappeler le « ka miviombio » bien du deep south malgache. Récit.

Midi Madagasikara : La finale entre St Michel et HBCT donne l’impression d’un duel entre Tuléarois ? Est-ce à dire que Toliara d’où vous venez est devenu la capitale du handball et que tout devait passer par là ?

Odon Marius Randrianaina : « C’est vrai puisque cinq titulaires de St Michel sont de Toliara. Mais au-delà de ces résultats qui nous honorent, il y a cette volonté de la part de nos joueurs mais surtout ce sentiment très tenace de défendre une région. Si tout le monde a cette mentalité, alors le sport malgache ira très loin. »

Midi : Avez-vous une idée pour y parvenir ?

O.M.R. : « Ce n’est pas difficile, il suffit de cultiver le sentiment d’appartenance à l’aide des repères fixes comme les couleurs qu’on porte mais aussi un nom commun à toutes les équipes nationales dans le but de raviver cette fierté. En clair, il est temps pour les sportifs malgaches de s’offrir un nom et une couleur à l’instar des Bleus français, du Lion de l’Atlas marocain, des Lions Indomptables du Cameroun qui portent la couleur verte ou encore la seleçao brésilienne tout en jaune. Bref, on a encore un large éventail de choix et je trouve que le sport a aussi besoin d’une concertation nationale pour tenter de trouver des solutions dont les premières à prendre viseraient à raviver le patriotisme par le biais du sport. Et croyez-moi que si tout le monde s’y met, on verra enfin des stades envahis par la grande foule ou des gymnases pleins à ras bord. Et comme l’argent est bien le nerf de la guerre, chaque discipline ne peut que progresser en se faisant un peu d’argent voire beaucoup d’argent. »

Midi : Dans ce schéma, quel rôle va jouer l’Etat ?

O.M.R. : « Le rôle de premier sponsor comme dans tous les pays du monde. Imaginer que l’Etat met dans chaque grande ville un gros car à la disposition des sportifs, cela va permettre d’intensifier les échanges et les rencontres et c’est certain que le sport en sortira grandi. C’est mieux que les 4×4 de nos députés si on veut réellement se mettre au service de la Nation. Mais encore une fois, c’est un choix à faire… ».

Propos recueillis par Clément RABARY

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