Double langage

Le président de la République Hery Rajaonarimampianina est au bout de son programme. Son retour au pays est prévu lundi. Aussitôt rentré, il devra se concentrer sur une promesse dont il a fait part au cours de son déplacement à l’étranger. En effet, il a déclaré qu’il nommera le Premier ministre dès qu’il sera sur place.  Il n’a pas encore donné de nom  au point de faire perdurer le suspense avec tous les prétendants et les pressentis à ce poste.  Malgré leurs félicitations pour les élections démocratiques, les Etats-Unis sont apparus  réservés. Ils attendent avec impatience la composition du gouvernement  dans l’espoir que ceux qui ont foulé aux pieds les droits de l’homme n’y figureront pas avant de donner leur soutien plein et entier au nouveau régime au pouvoir. La France, en revanche, ne fait pas la fine bouche. Elle a ouvert ses bras au président de la République pour démontrer sa volonté d’accompagner Madagascar dans la sortie de crise.

Double langage

              La nouvelle République a-t-elle pris du retard au démarrage ? L’opinion publique le ressent  quelque peu en ne voyant pas venir le gouvernement alors que la classe politique s’agite. Non seulement à cause de la concurrence  en son sein pour les portefeuilles ministériels mais aussi pour les postes prévus au bureau permanent de l’Assemblée nationale. Toujours est-il que personne ne connaît les limites de la politique d’ouverture du président de la République dans la formation du gouvernement. Ce qui est sûr est qu’il ne prendra que des compétences avérées pour garantir le succès de la politique de relance économique qui s’appuiera sur la sécurité, la Justice et la lutte contre la corruption. Les partis politiques qui pensent avoir le droit d’obtenir un grand nombre de ministères de leur choix risquent  la déception. Certes, il appartient au Premier ministre de proposer les membres du gouvernement mais le mot de la fin revient  toujours au président de la République qui nomme. Il n’empêche  qu’à cause des dissensions politiques, le Mapar qui se  dit majoritaire voudrait que la mouvance Ravalomanana et le MMM de Hajo Andrianainarivelo rejoignent l’opposition et ne participent pas au gouvernement. La Plate-forme pour la majorité présidentielle (PMP)  ne  s’accommode pas de ce double langage qu’il use. D’un côté se dire majorité qui a soutenu Hery Rajaonarimampianina et de l’autre, lui en vouloir pourtant comme le plus virulent des opposants. Elle ne semble guère rassurée par ce comportement  pour s’en rapprocher surtout lorsqu’il se reflète dans le ton des médias proches du Mapar.  Il n’y a que les décisions du président de la République qui peuvent en finir avec ces dissensions politiques qui décrédibilisent  le démarrage de la nouvelle république. Vivement son retour !

Zo Rakotoseheno

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