Pardonner oui, oublier jamais !

Plus qu’un simple geste de salutation ou de courtoisie, la poignée de main entre Marc Ravalomanana et Roland Ratsiraka avait une signification profonde de réconciliation entre les deux hommes.

Pardonner oui, oublier jamais !

« On peut pardonner mais oublier, c’est impossible », disait Honoré de Balzac. Un rescapé du camp de concentration nazi de Dachau avait fait sienne cette réflexion de l’écrivain français pour déclarer un siècle plus tard : « Pardonner oui, oublier jamais ». Un état d’esprit partagé à son tour par Roland Ratsiraka qui pardonne à Marc Ravalomanana sans pour autant oublier ce que ce dernier lui avait fait subir, notamment son incarcération à la prison d’Ambalatavoahangy, entre avril et octobre 2007. Pardonner, c’est pouvoir cicatriser une plaie mais la cicatrice ne s’oublie jamais. C’est le cas de l’ex-maire de la capitale de l’Est qui ne peut pas oublier les cicatrices laissées sur son pied par les morsures de rat durant sa détention à la maison centrale de la ville. Il l’a rappelé à l’ancien président de la République qui a renvoyé la responsabilité à la Justice, à son corps défendant, d’avoir instrumentalisé la chambre de détention qui devait opposer une fin de non-recevoir à la demande de liberté provisoire déposée à l’époque par les avocats de Roland Ratsiraka. Si le camp de concentration de Dachau a été rasé depuis, les murs vétustes d’Ambalatavoahangy sont toujours là, en attendant une hypothétique réhabilitation « manara-penitra » ou délocalisation en dehors de la cité.  En ce qui les concerne, Marc Ravalomanana et Roland Ratsiraka ont fait table rase du passé. « Sans garder rancune ni rancœur » l’un envers l’autre, même si le pardon n’est pas l’oubli, tout comme l’oubli n’est pas le pardon. « Pardonner oui, oublier jamais », disait également Zafy Albert de son vivant. Mais si l’on ne peut pas oublier, c’est que l’on n’a pas pardonné, rétorque-t-on, tout en appréciant néanmoins à sa juste valeur, le devoir de mémoire et de réconciliation qui se trouvait avant-hier, au menu au Carlton.

R.O

Suivez-nous aussi sur Facebook

Partager cette publication

Poster un commentaire